Le capricorne bois est un ennemi silencieux des charpentes. Ses larves creusent les poutres de l’intérieur pendant des années avant que les dégâts n’apparaissent. Une identification rapide évite des réparations lourdes et coûteuses. Voici comment reconnaître ce ravageur, mesurer ses risques et choisir les solutions efficaces pour protéger votre maison.
💡 À retenir
- Le capricorne peut causer jusqu’à 30% de dommages structurels dans certaines maisons
- En France, les infestations de capricornes sont en augmentation de 20% par an
- Les traitements chimiques et biologiques sont parmi les plus efficaces pour éradiquer le capricorne
Qu’est-ce que le capricorne bois ?
Le capricorne des maisons, souvent appelé capricorne bois, est un coléoptère xylophage dont les larves se nourrissent de bois résineux. Connues pour leur discrétion, elles perforent les charpentes, solives et menuiseries en formant un réseau de galeries. L’insecte adulte vit peu de temps, la majorité des dégâts étant causés par les larves au cœur du bois durant plusieurs années.
Son nom scientifique est Hylotrupes bajulus. Son cycle de vie s’étend généralement sur 3 à 10 ans selon la température, l’humidité et la qualité du bois. En France, on observe des foyers plus fréquents dans les toitures peu ventilées et les maisons avec des combles isolés, où la chaleur favorise le développement des larves de capricorne bois.
Description et habitat
L’adulte mesure environ 10 à 20 mm, brun à noir, avec de longues antennes. La larve, blanchâtre et légèrement aplatie, possède des mandibules puissantes qui lui permettent de réduire le bois en vermoulure. Elle préfère les bois résineux tendres (pin, sapin, épicéa) et s’attaque surtout à l’aubier, la partie la plus nutritive du bois.
L’habitat typique inclut les charpentes de combles, les pannes, chevrons et solives. Les zones confinées, à la fois chaudes et humides, sont particulièrement propices. Un bois insuffisamment protégé ou ventilé est une porte ouverte aux larves de capricorne bois.
Comment identifier le capricorne ?
Les indices sont souvent discrets au début. On repère d’abord une fine poussière de bois au sol ou sur les poutres, puis des trous de sortie en surface lorsque les adultes émergent, surtout entre mai et août. Une inspection régulière avec une lampe et un tournevis permet de détecter les bois fragilisés.
Un professionnel réalise des sondages et peut utiliser des outils de mesure d’humidité et de résistance. Dans les combles, écoutez par temps calme : certaines larves produisent de légers bruits de grignotement. En cas de doute, faites confirmer par un diagnostic spécialisé avant d’engager un traitement.
Signes d’infestation
- Trous de sortie ovales, souvent 6 à 10 mm, orientés dans le sens des fibres.
- Vermoulure fine, farineuse à fibreuse, accumulée sous les poutres ou derrière les plinthes.
- Bois qui s’effrite facilement au tournevis, surface craquelée ou boursouflée.
- Galeries internes sinueuses visibles après bûchage ou casse accidentelle.
- Adultes visibles en été, attirés par la lumière, ou bruits de ronge dans le bois.
Exemple concret : dans une maison de 1978 proche de La Rochelle, une légère poussière sur le plancher des combles a conduit à une inspection. Derrière un isolant ancien, des chevrons présentaient des trous de sortie et un bois spongieux en profondeur ; le diagnostic a confirmé la présence active de capricorne bois.
Risques associés au capricorne bois
Les larves fragilisent la structure en creusant des galeries, ce qui peut réduire la section portante des pièces maîtresses. Dans certaines maisons, les dégâts atteignent 30% de la capacité structurelle, avec des risques de fléchissement de toiture, de planchers affaissés et de ruptures locales.
Outre la sécurité, les coûts explosent quand l’infestation est installée : remplacement de pièces, étaiement, réfection de couverture. Dans un contexte où les infestations progressent de 20% par an en France, attendre augmente l’ampleur des travaux et complique l’indemnisation si l’entretien préventif n’a pas été documenté. Le capricorne bois est un problème technique mais aussi économique.
Dommages causés
- Charpente : pannes, chevrons et arbalétriers affaiblis, jeu dans les assemblages.
- Planchers : solives creuses, grincements, zones molles près des appuis muraux.
- Menuiseries : cadres de fenêtres et portes anciennes friables, perte d’étanchéité.
- Effets indirects : ponts thermiques, fissures, infiltration d’eau après déformation.
- Travaux induits : dépose d’isolant, reprise d’enduits, démontage de plafonds.
Cas pratique : sur une charpente des années 60, une fuite de toiture a maintenu l’humidité dans l’aubier des pannes. Trois ans plus tard, les galeries occupaient plus de 40% de la section de deux chevrons, imposant un renfort métallique et un traitement global.
Solutions pour se débarrasser du capricorne

La bonne stratégie combine diagnostic, traitement curatif et correction des causes d’humidité. On commence par préparer le bois : bûchage des zones altérées pour atteindre le matériau sain, dépoussiérage soigné et protection des surfaces voisines. Ce travail conditionne l’efficacité des produits et des traitements thermiques.
Le choix de la méthode dépend du degré d’attaque, de l’accessibilité et de l’usage du bâtiment. Pour une infestation active, l’intervention d’une entreprise certifiée est vivement conseillée, avec une garantie écrite sur les bois traités. Prévoyez un budget moyen de 20 à 50 €/m² pour un traitement professionnel standard de charpente.
Méthodes de traitement
Traitement chimique : application d’insecticides spéciaux (souvent certifiés CTB-P+) par pulvérisation et injection sous pression dans les pièces de bois. Les perçages réguliers permettent d’atteindre le cœur des éléments. Cette méthode neutralise larves et adultes et protège le bois plusieurs années. Séchage rapide, odeur limitée et chantier réalisable pièce par pièce.
Traitement thermique : élévation contrôlée de la température du bois jusqu’au cœur à environ 55°C pendant un temps défini, ce qui tue les larves. Avantages : pas de résidus chimiques, efficace dans les vides sanitaires et les combles isolés. Nécessite un matériel professionnel et un contrôle précis de la température interne.
Micro-ondes ciblées : appareils dédiés qui chauffent localement les volumes infestés. Intéressant pour des zones sensibles ou patrimoniales, sans démontage lourd. Intervention rapide mais limitée à des surfaces restreintes.
Traitements biologiques : bio-insecticides et organismes entomopathogènes appliqués dans les galeries, ainsi que des pièges à phéromones pour le monitoring des adultes. En association avec un traitement chimique, ces solutions renforcent l’éradication. Les traitements chimiques et biologiques combinés offrent un haut niveau d’efficacité lorsqu’ils sont correctement mis en œuvre.
Fumigation et gaz inertes : réservées à des cas spécifiques (poutres inaccessibles, objets patrimoniaux), réalisées par des opérateurs habilités. Efficaces mais coûteuses et très encadrées.
- Quand faire appel à un pro : si les trous sont nombreux sur des éléments porteurs, si le bois sonne creux ou si les combles sont difficiles d’accès.
- Garanties : demandez une garantie écrite de 5 à 10 ans sur les bois traités et un plan d’entretien.
- Bonnes pratiques chantier : protéger l’isolant, ventiler les pièces, éviter l’exposition des enfants et des animaux durant l’application.
Exemple : sur une maison de 1955, un mix bûchage + injection + traitement de surface, complété par une correction de ventilation de combles, a stoppé l’activité et stabilisé la charpente en une semaine, pour un coût de 38 €/m² contrôlé par attestation.
Prévention contre les infestations
La prévention repose sur la maîtrise de l’humidité et une protection durable des bois. Assurez une ventilation efficace des combles, réparez rapidement les fuites de toiture et évitez les stagnations d’air derrière l’isolant. Le bois neuf doit être traité en profondeur avant pose, surtout si la coupe met l’aubier à nu.
Vérifiez l’hygrométrie : maintenez le bois autour de 12 à 15% d’humidité. Écartez les sources d’eau proches des structures, rangez le bois de chauffage hors du logement et créez un cahier d’entretien avec photos pour suivre l’état de la charpente année après année. Ces habitudes simples coupent la route au capricorne bois.
Conseils de prévention
- Ventiler les combles : grilles en rives, chatières, lame d’air continue sous couverture.
- Traiter les coupes et perçages du bois avec un produit de préservation avant pose.
- Isoler sans enfermer : conserver un vide d’air et poser un pare-vapeur continu côté chaud.
- Inspecter 1 fois/an à la lampe : rechercher vermoulure, fissures et trous récents.
- Installer des capteurs d’humidité/Températures dans les combles pour détecter les dérives tôt.
Témoignage d’expert : “Ne vous focalisez pas seulement sur le produit, mais sur l’environnement du bois. Si l’on corrige la ventilation et l’humidité, on divise par deux le risque de réinfestation”, souligne un technicien traitement du bois expérimenté. Une surveillance régulière et un entretien simple valent autant qu’un gros chantier curatif contre le capricorne bois.